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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 21:50
Il y a quelques jours j'ai eu l'agréable surprise de recevoir ce livre en cadeau de la part de Matthieu B., un lecteur de ce blog, que je remercie une nouvelle fois de cette attention aussi généreuse qu'inattendue.

Ce que je n'imaginais pas en le déballant, c'est que ce livre allait me bouleverser.

Et ce bouleversement ne tient ni à la qualité et à la beauté des images qu'il contient puisque il y en a très peu et qu'elles sont relativement petites, ni à l'excellence technique des conseils prodigués par l'auteur puisque de technique il ne parle quasiment pas.

Non, le choc que j'ai ressenti en lisant ce livre tient tout simplement à l'extrême Humanité (notez le H majuscule) qu'Olivier Föllmi fait passer en racontant son lent apprentissage des qualités essentielles qui font un bon photographe voyageur, sa manière de travailler pour approcher les gens qu'il rencontre au cours de ses périples, se faire accepter parmi eux, les convaincre presque sans paroles de se prêter au jeu photographique.

À la base, les conseils s'adressent à tout jeune photographe qui voudrait se lancer dans une carrière similaire à la sienne mais, à mon sens, ils s'appliquent à toute personne qui a un jour tenté (ou eu envie) de prendre en photo un(e) inconnu(e) croisé(e) au coin de la rue ou au bout du monde et n'a pas toujours sû quelle attitude adopter pour faire de cette prise de vue un échange plutôt qu'un vol.

Et au travers de ce récit, Olivier Föllmi nous amène doucement mais sûrement à nous interroger sur notre propre pratique, à nous demander si nous n'avons pas, par moments, été involontairement maladroits ou impolis vis à vis des personnes photographiées, si nous ne sommes pas simplement allés trop vite en passant dans certains lieux, bref, si nous n'avons pas occulté l'essentiel, l'humain, l'échange, dans notre empressement à moissonner des images.

Toujours positif, jamais donneur de leçon ou moralisateur, l'auteur installe tranquillement en nous une part de la sérénité et de la sagesse que 30 ans de voyages et de rencontres ont bâtis en lui et, lorsque se referme la dernière page du livre, il faut forcément un petit moment pour revenir dans le monde environnant, reprendre sa place et le rythme habituel, tout comme lui le ressentait en revenant à la vie occidentale après plusieurs mois d'expédition.

Je ne résiste pas au plaisir de citer la fin d'un passage qui révèle, selon moi, l'esprit de ce livre. L'auteur, jeune photographe voyageur débutant, se voit refuser l'achat d'un turban afghan par le vendeur au motif qu'il n'a pas marchandé. Le récit s'achève sur ces mots : "Vendre plus ou moins cher son turban n'intéressait pas le moins du monde le marchand. Il était satisfait de sa vie sobre : l'essentiel pour lui était d'échanger. Je me suis assis et nous avons pris le thé. Nous avons parlé une heure de ma vie, de la sienne. Puis nous avons commencé à marchander, en prenant encore le thé sur le kilim, entourés de myriades de turbans. J'ai pu acheter mon habit et nous nous somme quittés comme deux amis. Du fond d'un bazar poussiéreux, ce marchand avait posé en moi les bases de mon métier de photographe : avoir un prétexte pour échanger avec les autres."

A découvrir également :
- le portfolio d'Olivier Föllmi où vous retrouverez des images que vous avez forcément déjà rencontrées.
- son portail officiel Follmi Spirit.
- une interview en vidéo (sur le site Compétence photo) où il présente son livre.
Par Mélina Barrals - Publié dans : Lectures
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