Il y a quelques temps j'avais créé un "anti-livre d'or" afin de solliciter de la part des visiteurs de ce blog des suggestions d'améliorations et des idées de sujets nouveaux à traiter. L'une des idées qui m'ont le plus emballée a été celle de Céline Fernbach (alias "Boulette") qui m'a proposé d'aborder le sujet de la photographie argentique.
Je lui ai donc tout naturellement proposé de parler ensemble de ce sujet sous la forme d'une petite discussion qui devrait permettre de répondre aux questions qu'on peut se poser sur la photo argentique en 2009. Bien que j'ai pratiqué cette discipline du temps de ma lointaine jeunesse, je vais jouer le rôle de la blonde candide moyenne et poser les questions comme si je n'y connaissais rien. Et pour agrémenter cette aimable causerie au coin du feu, Céline m'a même laissée sélectionner parmi ses photos celles que je voulais et les afficher ici (NB : sauf le portrait ci-dessous qui est de Maxime Stange).
Mélina : Bonjour Céline, tout d'abord pourrais-tu te présenter et expliquer ce que tu fais dans la vie?
Céline : Salut Mélina, et merci de m'accueillir sur ton blog. Je suis un jeune machin de 20 ans, actuellement
en formation photographie/traitement de l'image à Gobelins, l'école de l'Image, à Paris. Avant ça, un bac L et un mois de fac de langues à Bordeaux, pseudo-vocation universitaire vite sabordée au
profit d'autres choses beaucoup moins scolaires. Sinon, je bois de la bière et je mange beaucoup de kebabs, comme tout djeun's branchouille qui a un minimum de respect pour sa ligne.
Mélina : Tu as désiré aborder le sujet de la photo argentique donc j'en conclus que c'est une technique que tu utilises couramment? Tu ne fais que ça ou tu pratiques également la photo numérique, le post-traitement, la retouche, etc?
Céline : Effectivement, l'argentique est plus qu'une technique pour moi, c'est un mode de fonctionnement. J'ai commencé à pratiquer la photographie à 17 ans, en rentrant par hasard au club photo du lycée pour m'occuper le mercredi après-midi. J'ai ressorti du placard le vieux reflex de mon père, et j'ai commencé à apprendre un peu à l'arrache, avec les bons conseils du pater d'un côté pour la prise de vue, et les conseils un peu plus folklo de mes potes de l'autre côté, pour le labo. Je me suis mise au numérique environ un an plus tard, pendant une période où je photographiais pas mal de concerts et où j'ai eu besoin de bosser plus vite, pour des gens pas spécialement exigeants.
Depuis un an, je pratique beaucoup plus de numérique qu'avant, grâce à ma formation très axée sur la retouche technique et créative. Ca va du scan de négatifs ou d'ektas en haute def au montage publicitaire, en passant par le calage de chromie ou la retouche beauté. Depuis peu, l'argentique est repassé au stade du boulot perso, après une première année de formation très axée sur le labo noir et blanc et couleur. Malgré tout, pour les boulots persos, c'est tout à la bobine, et en noir et blanc !
Mélina : Dans l'esprit de beaucoup de gens, l'argentique c'est la photo chère, lente et compliquée qui a été remplacée par la photo numérique qui elle est jugée économique, rapide et simple : est-ce que tu partages ce point de vue?
Céline : C'est un éternel débat très centré sur la technique qui, pour moi, n'a pas tellement lieu d'être. Partout où tu passes, que ce soit sur internet, à des salons, des conférences, ou même entre collègues, les deux côtés se tirent joyeusement dans les pattes. C'est d'ailleurs vachement cool que tu abordes le côté de la démarche et non de la technique, les gens ont souvent tendance à mélanger les deux, et c'est bien dommage.
Donc, oui, la photo numérique, si on creuse pas trop, c'est plus rapide de la bazarder sur son ordi, plutôt que de devoir attendre le lendemain pour récupérer son film couleur au labo, ou quelques heures pour sa bobine noir et blanc qu'on fait sécher dans sa salle de bain. Par contre, quand on prend en compte le temps passé à développer les raw après un shoot, + le calage chromie, + la retouche éventuelle si y'a besoin…
Au final, évidemment on aura un tirage, mais le temps passé dessus sera à peu près le même, qu'on bosse en argentique ou en numérique. Le piège, c'est de croire que le numérique nous facilite la vie et qu'on peut se dispenser de mesurer précisément la lumière ou de dégager des trucs qui sont dans le cadre et qui devraient pas y être, en se disant qu'on va les virer à la retouche. Si avant on disait "la photo c'est compliqué" et que maintenant on dit "l'argentique c'est compliqué", c'est un abus de langage pur et simple. Le numérique et l'argentique ne sont que des outils comme tant d'autres.
Mélina : Mis à part le détail du support physique, film contre carte mémoire, quelle est selon toi la différence fondamentale entre l'approche argentique et l'approche numérique de la photographie ?
Céline : Comme je l'ai dit plus haut, si on voulait bien faire, on bosserait de la même façon avec ces deux outils. Seulement, vu qu'on fait pas tout bien (moi non plus hein, je suis pas une sainte de l'application), détaillons un peu ça. En argentique, et surtout en moyen et en grand format, on a plus tendance à prendre son temps qu'avec un boîtier numérique 24x36 (ou qu'un boîtier argentique du même format). Plus le format est grand, et évidemment plus le support coûte cher pour une seule vue, donc en bon radin, on y va mollo sur le déclencheur. Plus sérieusement, après quelques années de pratique, j'ai remarqué que l'argentique incite à plus tourner autour de son sujet, apprécier la lumière ambiante ou celle qu'on a façonnée, mesurer plus précisément son exposition (et jouer agréablement à l'Ansel Adams junior en tâtant du zone system). C'est une photo plus humaine, plus chaleureuse et plus "magique", en quelque sorte.
Ce qui me marque le plus, c'est les rencontres que provoque une balade avec un boîtier argentique en bandoulière ou sous le bras, que ce soit de petit ou de grand format. Les gens s'arrêtent, discutent, posent des questions, s'étonnent de "voir encore ces trucs-là"… Parfois on passe pour un con, parfois pour un dieu, ça dépend un peu du vent je pense.
Une phrase aperçue sur un forum résume très bien ma pensée là-dessus: "Le numérique est un moyen de production, l'argentique est un compagnon de création".
Mélina : hé oui, il faut bien reconnaître qu'avec le numérique (moi la première) on a tou(te)s tendance à shooter plus et plus vite, en prenant moins de temps pour construire son image, y réfléchir, l'intérioriser. Au final, on ramène plus d'images mais avec une proportion de bonnes images qui n'a pas forcément augmenté voire carrément diminué. Je conviens également qu'on devient de vrais chirurgiens de la technique informatico-photographique au détriment parfois de la création pure, de l'émotion.
A ce propos, je livre une petite anecdote et j'invite les lecteurs/lectrices à s'amuser à faire la même expérience. : Il y a quelques temps, avec une amie, nous nous étions amusées à faire une sortie photo avec nos boîtiers numériques à la mode argentique soit en nous imposant quelques contraintes : désactiver la revue d'image automatique et ne pas vérifier les images après les avoir prises, ne pas les supprimer... et se limiter à 72 photos (soit deux pellicules 36 poses afin de s'interdire les rafales de bracketing).
Les résultats furent au-delà de nos attentes : ni l'une, ni l'autre, n'a fait 72 photos (en presque 4h), et le nombre de photos valables était bien plus élevé que d'habitude. Notre ressenti était à peu près le même : au début nous avions énormément pensé à la technique afin de gérer l'exposition, le flou de bougé, ne pas gaspiller, etc... puis elle s'est effacée au profit de la composition, du cadrage, bref la recherche de l'émotion. Exercice instructif sur soi-même; après on retient un peu plus le doigt sur le déclencheur même lorsqu'on est repassé en mode numérique pur.
Revenons à nos moutons, si aujourd'hui je voulais m'équiper en matériel de prise de vue pour me mettre à la photo argentique, pourrais-je trouver un boîtier neuf ou faut-il obligatoirement se tourner vers de l'occasion?
Céline : En boîtier neuf, il me semble que Nikon commercialise encore et toujours son F6… Qui doit être à peu près au même prix qu'un 5DmkII, si je me plante pas trop. Normal, c'est THE boitier pro de la gamme Nikon argentique. Sinon, il y a de temps en temps des rééditions de boîtiers mythique, surtout chez Leica et Hasselblad, plus chers qu'une voiture. L'occasion, c'est vraiment le bon plan. Comme pour le matos numérique, il suffit de faire attention au moment de l'achat du boîtier, surtout à l'électronique embarquée des reflex des années 80, qui a tendance à pas très bien vieillir. Après, il y a des réparateurs très compétents sur tous types d'appareils argentiques, récents ou anciens, un peu partout en France.
Mélina : Quel budget faut-il prévoir pour acheter son matériel de prise de vue?
Céline : Pour un boîtier 24x36 et un objectif, on peut s'en sortir pour moins de 100 euros. Comme en numérique, les focales fixes sont très bonnes et pas excessivement chères. En général, les 50mm à grosse ouverture de toutes les marques sont les optiques à avoir obligatoirement dans sa sacoche photo. Si on veut aller plus loin et plonger dans le monde du moyen format, on peut trouver des TLR (twin lens reflex) de bonne qualité tels des Yashica mat 124 ou des Mamiya C220 ou C330 pour moins de 300 euros. Du côté des SLR (single lens reflex), les Rollei SL66, Mamiya 645 et Bronica SQ sont de bonnes bestioles pour débuter. Ebay et les forums spécialisés peuvent être une mine de bonnes annonces.
Mélina : Et une fois que j'ai mon appareil argentique, comment puis-je trouver de la pellicule à mettre dedans? Ça se vend encore en boutique, on peut en commander en ligne?
Céline : Si j'étais honnête, je te dirais d'aller voir chez le photographe du coin de la rue, mais comme ils sont pas plus honnêtes que moi, ils ont pas grand chose (surtout en noir et blanc), et souvent à un prix assez élevé. Il existe plusieurs boutiques spécialisées sur internet, dont certaines ont pignon sur rue, et proposent des prix très compétitifs par rapport aux gros fournisseurs comme Prophot. A Paris, je peux conseiller les yeux fermés la boutique Sels d'Argent, qui vient d'ouvrir à deux pas de la place de la République, c'est la moins chère que j'aie trouvée. Sinon, Photostock, dans le 19ème arrondissement, a aussi des prix sympas. Accueil cool et envoi par la poste garantis pour ces deux boutiques (et j'ai pas d'intérêts là-bas, avant qu'on me soupçonne !). Bien sûr, il y a de (presque) tout au rayon papier, chimie, et films de tous les formats et de toutes les sensibilités.
Plus sérieusement, on trouve encore du matériel de labo en vente? Du neuf ou de l'occasion?
Céline : Du neuf, oui, mais faut chercher… Et ce sera le top du top, mais pas donné. En occasion, des dizaines de trucs traînent un peu partout. Que ce soit dans le grenier d'un voisin, à Emmaüs, à une brocante ou sur Ebay, il y a souvent des labos complets qui sont à vendre.
Mélina : Quel est d'après toi le matériel absolument nécessaire au minimum pour pouvoir faire le développement et les tirages dans des conditions correctes?
Céline : Pour le développement, rien de bien compliqué; une cuve avec ses deux bouchons étanches, une ou des spires, et roule ma poule. Côté chimie; du révélateur, du fixateur et de l'agent mouillant (j'ai un petit faible pour les chimies Ilford et Tetenal). Un bon thermomètre et un chrono ne seront jamais de trop, de même que des bidons accordéon pour stocker les chimies.
Côté tirage; un agrandisseur avec son ou ses objectifs, un margeur et un compte pose qui pilote l'allumage de l'agrandisseur, trois cuvettes (ça ressemble à des litières pour chat, avis aux bricoleurs), du révélateur (pas le même que pour le film), du fixateur (on peut utiliser le même que pour le film, plus dilué), du bain d'arrêt ou du vinaigre blanc, beaucoup d'eau, une bassine pour rincer les tirages, et bien sûr… Du papier ! Comme pour les péloches, y'en a pour tous les goûts et toutes les couleurs, à chacun de feuilleter les fiches techniques, consulter les forums avec des retours d'expérience, faire des tests et s'amuser.
Mélina : Ouch! Si je me mets à la place de celui ou celle qui n'a jamais pratiqué le labo argentique, ce que tu viens d'énumérer risque de passer pour la liste du matériel de Merlin l'Enchanteur... c'est vrai que ça peut ressembler au nécessaire du petit apprenti alchimiste mais, vous qui lisez ces lignes, croyez-le c'est vraiment simple à comprendre.
Mais alors, combien va me coûter mon laboratoire au minimum?
Céline : Là aussi, c'est une histoire de chance ou de pas de chance. Le mien m'a coûté 200 euros en tout, avec plein de petit matos sympa et parfaitement fonctionnel. Il y a pas très longtemps, un papi m'a donné tout ce qui restait de son labo, même quantité que ce que j'avais déjà. Pareil que pour les boîtiers, faut pas hésiter à chercher, négocier, parfois des gens vous bénissent de les débarrasser de "ces trucs qui encombrent".
Mélina : Le problème que je vais avoir c'est pour trouver les produits chimiques et les papiers, non?
Céline : Absolument pas. Ca s'achète au même endroit que les films, dans les boutiques que j'ai citées un peu plus haut.
Mélina : Comment m'installer? Me faut-il consacrer pièce de ma maison à cet usage?
Céline : Chez mes parents, j'avais condamné la baignoire de la salle de bain en fixant une planche qui prenait toute la largeur et la longueur dessus. Heureusement, il restait la douche à côté (pour faire sécher les négatifs, nyark nyark nyark !). J'avais aussi rajouté un rideau noir devant la porte pour empêcher la lumière de passer, et colmaté la fenêtre avec du carton. L'agrandisseur restait sur sa planche, à moitié démonté, sous un grand carton. Ca me prenait environ une demi heure de transformer la salle de bain en labo baigné de lumière rouge (ampoule inactinique sur une torche de chantier qui pendouillait au sèche-serviettes) qui puait le fix dans tout le couloir. Ca, c'est la méthode barbare. Et je te parle même pas des papiers barytés tendus contre les carreaux du mur avec du scotch kraft… Bref, c'est jouable quand on habite tout seul ou qu'on a des colocs/parents/conjoints cools.
Sinon, pour s'aménager une pièce, il suffit d'une arrivée d'eau et d'une sorte de grand bac, ou un évier. 5 ou 6 mètres carrés peuvent être amplement suffisants. L'essentiel est de bien organiser son plan de travail; si possible, la partie sèche (l'agrandisseur) d'un côté de la pièce et la partie humide (les cuvettes à chimie et le rinçage) de l'autre côté. Le tout doit rester fonctionnel pour qu'on évite de se cogner partout ou de faire des allers et retours inutiles.
Mélina : Et comment faire pour apprendre la technique du labo argentique? Il existe des stages, des clubs, des professeurs particuliers?
Céline : Pour ma part, j'ai commencé au club photo de mon lycée. On apprenait tous plus ou moins en même temps, c'était très roots et pas toujours très précis. A la fac, je suis entrée dans un autre club photo, avec des vrais cours, autant en prise de vue qu'en labo, et des gens très compétents. L'essentiel, à mon avis, c'est déjà de regarder dans sa région ou son école si des clubs photo publics existent. En général, y'a toujours un papi nostalgique qui se fera une joie de partager ses connaissances avec des débutants et de dépoussiérer l'agrandisseur qui traîne dans un coin.
Pour aller plus loin, on peut suivre des stages techniques chez des professionnels spécialisés là-dedans. Les pages petites annonces des magazines comme Réponses Photo regorgent d'adresses intéressantes. Enfin, les forums spécialisés dans la photo argentique sont aussi très utiles, de même que les discussions des groupes FlickR spécialisés. J'ai énormément appris en les lisant et en y posant des questions. Il ne faut pas hésiter à aller lire les forums américains, ils sont très friands des techniques alternatives en argentique.
Mélina : Tu aurais des références de livres, de sites à recommander pour découvrir le sujet, trouver du matériel, etc?
Céline : Refaisons un petit condensé:
Pour les bouquins, l'indispensable c'est "Noir et blanc, de la prise de vue au tirage", par Philippe Bachelier. Il devrait être dans toutes les bibliothèques des photographes ! Ensuite, René Bouillot, auteur très prolifique en bouquins techniques, en a quelques-uns sur l'argentique à son actif. Pour les anglophones, The Negative et The Print d'Ansel Adams sont une mine de renseignements sur la façon précise de travailler en zone system. Enfin, la collection Time Life sur la photographie se trouve pour pas grand chose sur internet, et elle est elle aussi une mine de bonnes infos. Pour le plaisir des yeux: http://www.photolibrairie.fr/
Les sites, dans le désordre de mes bookmarks:
Techniques avancées de photographie en haute résolution: http://www.galerie-photo.com/
Beaucoup de notices techniques de matos de labo: http://manuelsphoto.free.fr/u
Encore des notices, mais pour les boîtiers: http://butkus.org/chinon/
Un réparateur photo spécialisé dans les appareils mécaniques qui est vachement cool: http://www.photo-technique.
Un forum qu'il est vachement bien: http://35mm-compact.com/forum/
Pour le matos de labo et les consommables: http://www.selsdargent.com/ et http://www.photostock.fr/boutique/liste_rayons.cfm … et même pour les plus riches http://www.prophot.fr/ qui fait aussi dans l'encadrement et l'archivage. Son homologue allemand que je recommande; http://www.monochrom.com .
http://frp.parisv.com/ (attention il met du temps à charger)
Mélina : Les photographes professionnels sont tous passés au numérique ou bien tu en connais qui travaillent encore en argentique?
Céline : Hélas, la majorité des pros ont dû passer au numérique, pas toujours de bon gré. Le rythme de ce milieu impose, depuis l'apparition du numérique, de travailler toujours plus vite pour moins cher. Professionnellement, il reste très peu de gens qui, par leur notoriété, peuvent encore se permettre de shooter à la chambre et passer par un labo pour développer les ektas. Les grands photographes de mode, comme Jean Larivière, par exemple, sont peu à encore travailler en argentique, et en général ils sont plus tous jeunes. Du côté des labos, il y a toujours de la demande de scan de négatif en haute définition, cette fois-ci en grande majorité dans la branche artistique de la photographie, pour des images destinées à des galeries ou des collections.
Deux trublions de la photo toujours en activité, que je tiens à te faire découvrir si tu ne les connais pas encore, restent néanmoins indécrottables des sels d'argent; Jean François Bauret et Jacques Baris (une petite recherche Google et hop là, deux sites qu'ils sont cools). Ce ne sont pas les seuls ni les plus actifs, mais ce sont mes chouchous !
Mélina : Alors merci pour cette découverte de Jacques Baris dont les photos de nu peu conventionnelles ne laisseront certainement personne indifférent (j'ai craqué sur sa série Ange). Je connaissais et appréciais déjà Jean-François Bauret mais c'est toujours un plaisir de feuilleter son portfolio (j'adore les portraits des habitants de Muret).
Avant de te quitter, il me reste à te remercier chaleureusement d'avoir pris le temps de te prêter au jeu de cette petite interview et d'avoir fourni des réponses aussi précises qui donneront, je l'espère, à celles et ceux qui n'ont jamais tâté de l'argentique l'envie de s'y intéresser... mais aussi aux argentistes repenti(e)s, dont je suis, de ressortir leur boîtier et leur labo argentique (je n'ai jamais pu me résoudre à m'en séparer, ils dorment patiemment au placard).
Bien entendu, tu es la bienvenue quand tu voudras dans ce blog si tu veux poursuivre ce petit tour d'horizon de la photographie argentique et entrer un peu plus dans les détails. Je te laisse le mot de la fin, ainsi qu'à celles et ceux qui voudront réagir via les commentaires.
Céline : Merci encore Mélina pour ton accueil, je t'ai pris quelques bières dans le frigo en passant, tu m'en veux pas ? J'espère que ça donnera envie à ceux qui hésitent de se lancer dans la grande aventure des sels d'argent, dans la joie, la bonne humeur et les tribulations de l'apprentissage. Et si d'autres incartades argenticobloguesques sont prévues, ce sera avec grande joie que je reviendrai squatter le canapé ici !
Quant à comment l'utilisation de mon boitier numérique D700 : je suis super heureux d'avoir croisé ton chemin Mélina y' qq années.... et depuis suis toujours en manuel, le flash monté ou pas loin et l'oeil, le cerveau, le doigt en mode argentique (vision des choses, réflexion, action sur le déclencheur) avant de finaliser la photo par le clic clac.
PS : je trouve ton commentaire très poétique.
J'ai commencé vers les 14 ans et j'ai fait énormément de photo et de labo jusque vers 18 ans (dans les années 60...) après un intermède professionnel d'une 30 aine d'années ou les photos que j'ai prises n'étaient que des souvenirs familiaux, je suis revenu à la passion en 1999 avec un Kodak 1,3 Mpix... Le premier appareil avec lequel je retrouvais ma joie de photographier. Et puis bien sur l'escalade jusqu'au Canon 1DsII. C'est à ce moment ou je me suis mis sérieusement à réfléchir à mes photos et ou j'ai décidé de reprendre l'argentique. Pour les mêmes raisons que Céline, à savoir qu'on ne travaille pas de la même manière, on soigne son cadrage, on se déplace etc. Aujourd'hui, j'ai du mal à terminer une bobine de 120 en une seule sortie et je considère que l'argentique me permet d'améliorer (un peu) mes photos numériques, les bonnes pratiques ne se perdent pas totalement en changeant de matériel.
Aujourd'hui, je joue un peu avec le labo du club photo, mais dans quelques mois j'aurais le mien et je pourrais réellement m'y remettre.
Voila l'expérience d'un "vieux" de bientôt 60 ans. L'argentique et le numérique ne sont pas antagonistes mais complémentaires, et il n'y a qu'à voir l'éventail de nouveaux produits argentiques pour constater que la demande reprend. Ce n'est pas la même qu'il y a 15 ans, même si on trouve toujours du film négatif couleur 100ISO il y a beaucoup plus de produits de niche, infrarouge, ortho, grain à la carte etc...
Merci enfin pour les très intéressants articles de votre blog.
L'argentique est maintenu en vie par des passionnés.
La "démocratisation" des prix des appareils moyen format re-donne de l'intérêt à cette pratique.
Quelques "moyen-formistes" dont je suis se sont regroupés et cela à donné naissance à un forum dédié:
http://www.mfpassion.net