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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 16:04
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Le texte et les photos d'illustrations de cet article sont diffusés sous un contrat Creative Commons.

(Pour les personnes pressées, cet article rappelle l'influence de la sous-exposition sur le bruit numérique)

Hein ?!!! Numériquoi ?

Stop, ne cherchez pas dans le dictionnaire ce mot qui n'est que pure invention de mon esprit malade, et ce sans aucune prise d'alcool ou de drogue, c'est du bio garanti 100% d'origine blonde. C'est même de la xyloglotte (langue de bois) qui veut simplement dire "peur du bruit numérique" puisque c'est de cette affection et de ses effets pervers potentiels que nous allons parler aujourd'hui.

Qui n'a jamais lu ou entendu une phrase telle que "je dépasse jamais le 400 ISO parce qu'au-delà j'ai trop de bruit numérique" ou alors "mon boîtier doit avoir un problème car j'ai un bruit numérique terrible dès les 200 ISO" ?

Dans la même veine, on rencontre aussi une réponse classique à la question "que me conseillez-vous pour shooter dans une église?" qui est du style "surtout pas de flash et monte pas trop en ISO sinon t'auras trop de bruit!".

Très souvent, les personnes à l'origine de tels propos sont des numéribruitophobes qui s'ignorent (et dont certains découvrent parfois qu'ils ont raté un chapitre lors de leur apprentissage des bases).

Alors c'est parti pour une petite séance de Dr House improvisée pour essayer de comprendre ce mal étrange et tenter d'y trouver un début de remède...

Avertissement n°1 : c'est long et technique mais j'ai choisi de bien détailler pour que les moins aguerri(e)s puissent suivre... puisque c'est principalement à eux/elles que cet article s'adresse.

Avertissement n°2 : pour les plus aguerris, pas la peine de me dire que je rabâche des vérités déjà connues de tous car certaines discussions récentes dans des forums prouvent que justement il y en a qui ne les connaissent pas encore...



Commençons par rappeler une première vérité que personne ne devrait contester, et certainement pas les numéribruitophobes:

Le bruit numérique augmente avec la sensibilité ISO.

Cet article n'a pas la prétention de contester une évidence d'ailleurs on va l'illustrer tout de suite sur un petit exemple.

Prenons donc la scène test suivante comportant à peu près toute la gamme des tonalités allant du noir au blanc et photographions la en utilisant toutes les sensibilités dont dispose notre boîtier, disons du 100 ISO jusqu'au 1600 ISO (j'ai limité les possibilités afin de ne pas alourdir inutilement mon article).



Nous obtenons donc 5 photos dont nous ne retenons pour chacune que la portion encadrée en jaune sur l'image ci-dessus afin de pouvoir visualiser la montée du bruit numérique au fur et à mesure de l'augmentation de la sensibilité ISO.

NB : sauf mention contraire, aucune des images d'illustration de cet article n'a subi de post-traitement d'aucune sorte; elles sont totalement brutes de capteur (réalisées avec un bon vieux Canon EOS 5D mk 1).

Photo n°1 à 100 ISO



Photo N°2 à 200 ISO



Photo N°3 à 400 ISO



Photo N°4 à 800 ISO



Photo N°5 à 1600 ISO



Jusqu'à présent, les résultats expérimentaux confirment totalement la première vérité énoncée plus haut.

Le hic c'est que le premier énoncé est incomplet; en réalité j'aurais dû écrire :

Le bruit numérique augmente avec la sensibilité ISO pour des photos correctement exposées

Toutes les images ci-dessus ont été prises de manière à obtenir une exposition correcte dès la prise de vue et effectivement, dans ces conditions, la vérité se vérifie.

J'étais au 50mm à f/3,5 (ouverture arbitraire pour les besoins de la démonstration et pas une démarche artistique). Pour atteindre l'exposition correcte, j'ai donc réglé les temps de pose suivants pour les différentes photos :

Photo ISO Temps de pose
1 100 1/6 sec.
2 200 1/13 sec.
3 400 1/25 sec.
4 800 1/50 sec.
5 1600 1/100 sec.

Là vous allez dire qu'avec les temps de pose ci-dessus les trois premières photos ne pourraient pas être nettes au 50mm à main levée en vertu de la loi définissant le temps de pose limite du flou de bougé : à main levée,  le temps de pose devrait être inférieur à 1/focale. C'est exact et c'est pour ça que j'ai logiquement utilisé un trépied pour faire mes photos d'illustration.

Alors justement admettons qu'on soit à main levée et qu'en prime le sujet soit un peu plus mobile qu'une bête boîte de chocolats (vide), disons au hasard : un enfant d'environ 4 ans en train de jouer!

Logiquement quand on va vouloir régler l'exposition on va se rendre compte qu'aux plus basses sensiblités et compte tenu de l'ouverture choisie, les temps de pose sont incompatibles avec une prise de vue à main levée en suivant un sujet aussi imprévisible qu'un mouflet de 4 ans dans la force de l'âge.

Dans une telle circonstance, le numéribruitophobe moyen qui est convaincu que la damnation éternelle le guette s'il dépasse les 400 ISO (voire les 200 ISO pour les formes aigües de la maladie) va donc devoir arbitrer un dilemme quasiment insoluble : comment faire pour prendre cette scène sans allonger le temps de pose au delà du 1/50s, ni augmenter la source de lumière (ici c'est l'éclairage d'une fenêtre qui éclairait la scène), ni utiliser de trépied, ni monter en sensibilité ISO?

La première solution qu'on peut envisager c'est d'augmenter l'ouverture pour aller chercher encore un peu de lumière mais on va rapidement buter contre l'ouverture maximale de l'objectif et ça risque de ne pas être suffisant. Ici l'objectif était déjà à pleine ouverture donc il n'était pas possible d'ouvrir encore...

On est donc bloqué contre l'ouverture maxi de l'objectif, contre le temps de pose limite du flou de bougé et contre la barrière psychologique de 200 ou 400 ISO et le résultat sera manifestement sous-exposé comme l'indique le posemètre de l'appareil : que faire?

Le choix qui est souvent fait par beaucoup de numéribruitophobes, c'est de se dire "tant pis, ça sera sous-exposé, je rattraperai ça lors du post-traitement". Magie du numérique!

Ok, admettons. On va tester ça.

Si on reprend les images précédentes à 100, 200 et 400ISO en conservant la vitesse à 1/50s (on peut alors travailler à main levée au 50mm),  on obtient les résultats suivants :

Photo n°6 à 100 ISO sous-exposée ( -3 EV)



Photo n°7 à 200 ISO sous-exposée (-2 EV)



Photo n°8 à 400 ISO sous-exposée (-1 EV)



Et maintenant on passe tout ça dans le logiciel de post-traitement mâââgique pour remonter l'exposition à une valeur correcte via le curseur ad'hoc :

Photo n°6 à 100 ISO sous-exposée puis éclaircie au post-traitement



Photo n°7 à 200 ISO sous-exposée puis éclaircie au post-traitement




Photo n°8 à 400 ISO sous-exposée puis éclaircie au post-traitement




Juste pour comparer, voici la photo n°4 prise à 800 ISO bien exposée du début:



C'est bizarre, comme les choses s'inversent!!!

La numéribruitophobie touche d'abord les yeux puis la mémoire : elle rend aveugle en faisant nier l'évidence des conditions de prise de vue lorsque la lumière vient à manquer, et fait oublier une autre vérité qui était déjà vraie du temps de l'argentique quand on parlait encore de "grain" :

La sous-exposition augmente le bruit numérique.

Et cette deuxième vérité va de pair avec une troisième :

Corriger à la hausse l'exposition d'une photo au moment du post-traitement amplifie le bruit numérique.

Au final, en choisissant de sous-exposer la photo à la prise de vue puis de l'éclaircir au post-traitement, on a généré plus de bruit numérique que si l'on avait directement choisi la sensibilité adéquate de 800 ISO pour avoir une image nette (pas de flou de bougé) ET bien exposée.

Et en plus on s'est rajouté du travail de post-traitement supplémentaire (perte de temps).

Mais les effets pervers de la numéribruitophobie ne s'arrêtent pas là:

1) en voyant le résultat obtenu disons à 200ISO, la conclusion à laquelle on va aboutir c'est : "mon boîtier est trop pourri, faut que j'en change ou que j'achète un meilleur objectif ou que j'achète un flash". On va dépenser de l'argent parce qu'on se sert mal de notre matériel actuel (bienvenue dans la course au matériel!).

2) en voyant le résultat à 200ISO, on pourrait également conclure : "faut pas que je monte en sensibilité si c'est aussi pourri dès 200ISO. La prochaine fois je travaillerai à 100ISO". Et quand on verra le résultat à 100ISO one n'y comprendra plus rien et on reviendra à la première solution, changer de matériel!

3) si on cherche à arranger l'image bruitée obtenue à 200 ISO, on va la lisser à mort... et donc perdre en netteté/piqué. Mais si on cherche à augmenter la netteté/piqué on va réamplifier le bruit numérique. C'est un cercle vicieux.

4) en travaillant à pleine ouverture de l'objectif parce qu'on y est forcé, on perd toute possibilité de gérer la profondeur de champ. Si jamais on ferme le diaphragme pour augmenter la profondeur de champ... on aggrave encore la sous-exposition et donc le bruit numérique. C'est un cercle vicieux.

5) en travaillant à pleine ouverture de l'objectif, on n'obtient pas de lui ce qu'il peut produire de meilleur en netteté/piqué (un objectif donne généralement le meilleur de lui même à deux voire trois diaphragmes de l'ouverture maximum). On produit donc des images molles.

6) en travaillant toujours aux limites du flou de bougé, la netteté n'est pas forcément optimale, on génère des images molles.

etc.

Alors normalement, pendant que vous lisiez ma longue prose, je suis sûre que vous vous êtes dit : "ouais, facile de prôner la montée en sensibilité quand on utilise boîtier qui bruite peu comme un Canon 5D".

C'est vrai... et faux.

Vrai parce qu'effectivement, pour une même scène à sensibilité égale et à la bonne exposition, un boîtier qui bruite peu fournira normalement de meilleures images qu'un boîtier moins performant. Avant d'avoir un 5D j'utilisais un 300D qui n'était pas mondialement connu pour sa bonne gestion du bruit aux hautes sensibilités et les images se sont bien entendu nettement améliorées sur le plan du bruit numérique lors de ce changement. Mais en exposant correctement, même à 1600 ISO il était possible de faire des photos utilisables (pour des tirages de taille raisonnable).

Faux parce que justement l'expérience prouve qu'en général un boîtier peu performant dans sa gestion du bruit numérique va d'autant plus bruiter une image sous-exposée! J'ai pu faire les mêmes tests avec  différents boîtiers réflex et bridge et les résultats montrent qu'un boîtier peu performant pardonne d'autant moins les écarts de sous-exposition.

Pour compliquer un peu plus les choses, pour un même boîtier, il apparaît que le logiciel utilisé pour le post-traitement des images a également sa part de responsabilité dans la montée du bruit numérique lors du rattrapage de photos sous-exposées donc les choses ne sont pas bêtement binaires ou linéaires (cette dernière constatation est issue de discussions avec d'autres photographes qui ont mené des comparaisons similaires avec deux voire trois logiciels différents sur les mêmes images de test).

Cela nous amène à la conclusion qu'il est impossible d'affirmer de manière définitive et péremptoire que "monter en sensibilité c'est TOUJOURS générer plus de bruit" (le discours habituel des numéribruitophobes), ni que "sous-exposer puis post-traiter c'est TOUJOURS générer plus de bruit que monter en sensibilité et exposer correctement" (le discours habituel des anti-numéribruitophobes dont je fais partie!).

Donc il vous appartient de vérifier avec votre boîtier et votre logiciel de traitement si vous pouvez vous permettre ou non une certaine dose de sous-exposition ou si vous avez plutôt intérêt à exploiter les plus hautes sensibilités de votre boîtier (et ce pour différents couples de sensibilités).

Pour ce faire, rien de plus simple ou presque (le mieux étant de travailler en mode manuel et sur trépied):

1) cadrez une scène comportant des tonalités allant du noir au blanc.
2) prenez une photo parfaitement exposée(*) à une sensibilité donnée (ex : 800ISO)
3) sans changer aucun autre réglage que la sensibilité que vous descendez d'un cran (ex : 400ISO), prenez une seconde photo qui sera donc sous-exposée d'1EV.
4) corrigez l'exposition de cette seconde photo lors du post-traitement afin de l'amener à la même exposition que la première (et ne modifiez rien d'autre, surtout pas la netteté, ni le lissage antibruit qui devra resté désactivé)
5) comparez les deux photos pour voir quelle solution donne le résultat le plus correct à vos yeux (exposer juste ou sous-exposer puis post-traiter)

(*) c'est à dire une photo qui ne nécessite AUCUNE correction d'exposition lors du post-traitement.

Vous pouvez/devez également comparer d'autres couples de sensibilités (200/100 ou 1600/800, etc) et même envisager des écarts d'exposition plus poussés (400/100 soit 2EV de sous-exposition!) mais on atteint ici des écarts qui ne pardonnent pas et plaident presque systématiquement en faveur de l'exposition juste à haute sensibilité plutôt qu'une sous-exposition rattrapée en post-traitement.

A l'issue de ces tests vous connaîtrez un peu mieux les véritables sensibilités ISO élevées auxquelles il n'est pas forcément intéressant de monter et celles qui se révèlent exploitables. Cette nouvelle barrière sera basée sur des vérifications méthodiques et non pas des suppositions voire des superstitions ou des conseils donnés à l'emporte-pièce par d'autres numéribruitophobes (qui s'ignorent peut-être).

La prochaine fois que vous ferez des photos où vous avez peur de monter en ISO, donnez vous une chance. Faites une photo comme vous le sentez, sans monter en ISO et en post-traitant pour récupérer l'exposition, mais faites également la même photo en montant s'il le faut à une sensibilité élevée pour atteindre la bonne exposition tout de suite (ou au minimum limiter la sous-exposition si l'exposition correcte est hors de portée). Comparez, vous serez probablement surpris(e) des résultats. Attention toutefois de ne pas tomber dans l'excès inverse qui consiste à choisir une sensibilité ISO trop élevée par rapport à ce qu'exigeraient les conditions de prise de vue.

Dites-vous bien que le bruit numérique est parfois inévitable, s'il n'y a pas beaucoup de lumière et que vous ne pouvez ni faire une pose longue sur trépied, ni ajouter ou augmenter la lumière, hé bien vous serez contraint(e) de travailler en haute sensibilité à main levée. Autant faire en sorte de minimiser le bruit numérique et de ne pas l'amplifier par erreur ou par peur.

Après ça, si le bruit numérique que vous obtenez n'est toujours pas acceptable en étant à l'exposition correcte, alors oui, le fait de prendre un boîtier plus moderne vous permettra probablement de gagner encore en qualité (et d'en tirer le meilleur parti en toute connaissance de cause).

En corollaire, je recommande également de s'intéresser à "l'exposition à droite" qui est une version améliorée de l'exposition correcte. Pour cela, on pourra consulter les liens suivants :
http://www.volkergilbertphoto.com/exposer_raw-2.html
http://bokeh.fr/blog/articles/histogramme-savoir-exposer-a-droite/

Voilà, c'est fini. Vous pouvez aller prendre une aspirine si je vous ai donné mal au crâne (désolée!).

PS : je me doute que cet article risque de provoquer bien des réactions/commentaires/critiques/questions/retours d'expérience et ils seront tous les bienvenus (même si je dois prendre quelques tomates sur la figure,même pas peur!), je m'efforcerai d'y répondre systématiquement.

PS2 : travaillant toujours en RAW je n'ai pas fait la comparaison JPEG/RAW (par pure flemme!) pour voir si pour un même boîtier il y avait une différence significative entre ces deux modes dans la gestion du bruit numérique lors des sous-expositions. Si quelqu'un veut le faire et veut partager ses résultats, je serai heureuse de compléter cet article en citant la source.
Par Mélina Barrals - Publié dans : Technique
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Commentaires

Bon article Mélina, et très bon réflexe de vouloir vérifier par soi même.
Commentaire n°1 posté par Matthieu le 10/11/2009 à 09h55
Merci Matthieu. Je suppose que tu connaissais déjà l'influence de la sous-exposition sur l'apparition du bruit numérique.
Réponse de Mélina Barrals le 10/11/2009 à 09h58
Concernant l'influence du logiciel, on peut le confirmer de façon assez frappante en voyant des articles sur Lightroom 3 (beta), qui gère bien mieux le bruit chromatique que son prédécesseur.
(encore un argument en faveur du RAW...)

Un aspect non abordé ici est l'influence de la température : plus un capteur est chaud, plus il fera du bruit. C'est ce qui explique que certains capteurs utilisés pour des applications scientifiques sont refroidis.

Il me semble que c'est aussi pour cette raison que les amateurs de photo astronomique préfèrent découper une pose longue en plusieurs poses de durées moindres, superposées en post traitement : ça limite la montée en bruit (en particulier pour les "hot pixels").
Commentaire n°2 posté par Shadow le 10/11/2009 à 10h14
Merci pour ces précisions utiles et intéressantes.

Je connaissais effectivement l'influence de la température sur la montée du bruit mais je n'ai pas voulu alourdir un article déjà lourd et indigeste avec des considérations qui ne concernent pas les photographes de tous les jours que nous sommes et auxquelles nous ne pouvons pas grand chose).

En revanche en ce qui concerne l'astronomie (domaine où je suis nulle de chez nulle, d'ailleurs je croyais encore la semaine dernière que la Terre est plate ), j'ignorais que dans le cas de ces poses longues il pouvait être plus avantageux de cumuler des séries de photos sous-exposées puis post-traiter. On touche là à un domaine vraiment spécifique pour ne pas dire élitiste.
Réponse de Mélina Barrals le 10/11/2009 à 10h27
Pour la température, en fait je me demande si ça ne peut pas être utile quand même : est-ce que l'utilisation du live view (au lieu du viseur reflex) ne pourrait pas faire chauffer le capteur et créer du bruit ? (il faudrait faire le test...)

Pour la photo astronomique, ce n'est pas forcément si élitiste que ça, avec un trépied et une nuit d'été sans nuages, un filé d'étoiles, c'est tout à fait faisable ! ;-)
Commentaire n°3 posté par Shadow le 10/11/2009 à 14h12
Je ne dispose pas d'un boîtier avec liveview pour vérifier votre hypothèse mais la question mérite effectivement d'être posée (si vous avez ce qu'il faut et que vous parvenez à un résultat probant, ça m'intéresse, bien sûr).

Pour ce qui est de la photo astronomique élitiste j'avais surtout en tête les gens qui montent leur appareil directement sur un lunette ou un téléscope... ce qui implique évidemment d'avoir ce type de matériel à disposition et surtout les connaissances pour s'en servir.
Réponse de Mélina Barrals le 10/11/2009 à 14h22
Encore un bon article, bravo Mélina !
J'ai aussi appris qu'il faut se méfier des "Crop 100%". Le bruit est moins visible que l'on pourrait le penser sur des tirages A4 et en dessous.
Et puis il faut aussi savoir s'aider des bons outils. Il y a eu d'énormes progrès dans le traitement d'image.
Par curiosité, ouvrez une image faite à 1600 Isos avec UFraw (gratuit) qui ne traite pas le bruit. Et comparez avec ce qu'arrive à faire des logiciels spécialisés comme Noise Ninja... Impressionnant !
Actuellement il semblerait que ce soit DxO 6 (cocorico !) qui soit le meilleur outil du marché. Mais le combat est rude sur ce secteur en ce moment.
Commentaire n°4 posté par Benoit le 10/11/2009 à 20h24
Merci pour ton commentaire, Benoît

Concernant les crop 100% je te rejoins tout à fait car je préfère juger les photos sur un tirage ou sur une version dont la résolution correspond exactement à celle de mon écran. Je n'utilise quasiment jamais une visu à 100% pour juger du bruit (mais plus souvent quand j'ai un doute sur la netteté) car cette pratique pousse à jeter des images qui auraient leur chance sinon.

Comme tu le dis, les outils logiciels progressent et c'est tant mieux car on pourra toujours rattraper plus d'erreurs... mais le mieux est encore de ne pas les faire pour s'éviter du travail inutile ou un achat excessif.
Réponse de Mélina Barrals le 10/11/2009 à 22h01
Passionnant article Mélina!

Quand je fais des photos en «light painting», j'active toujours la fonction de réduction de bruit en cas d'exposition prolongée disponible sur mon appareil. Mais je n'ai jamais fait de test «activé/désactivé». Ces expositions durent généralement quelque part entre 12s et 30s et je laisse l'ISO à 200 ou 400. À la prochaine occasion, je ferai des tests.

Il y a aussi une fonction réduction du bruit à des sensibilités de 2000 ISO et plus que je n'ai jamais utilisée (j'ai rarement besoin d'aller au delà de 1600 ISO).

Si quelqu'un a des commentaires ou des informations à partager sur le bruit causé par des expositions prolongées, et les fonctions de réduction de bruit intégrées dans les appareils, je suis preneur!

Et puis, Mélina, les chocolats, ils étaient comment?
Commentaire n°5 posté par Jacques Babin le 13/11/2009 à 02h26
Merci pour le commentaire Jacques.

J'avais fait quelques essais comparatifs de pose longue avec la réduction de bruit activée et, sur mon boîtier en tout cas, les résultats valaient la peine d'attendre que le traitement soit effectué (le temps de traitement supplémentaire était à peu près aussi long que la pose elle-même).

En pose longue la problématique est totalement différente puisqu'on est sur trépied et plus à main levée donc on bénéficie tout de suite de la capacité à garder la sensibilité au plus bas et d'allonger à loisir le temps de pose. Dès lors ça simplifie beaucoup la gestion du bruit numérique pour peu qu'on expose correctement (ou carrément à droite) bien sûr. (J'avais bien aimé les photos et explications présentes sur ce site : http://www.cambridgeincolour.com/about.htm)

Sinon, les chocolats étaient excellents, fondants, croquants et onctueux... mais un peu trop sujet à "évaporation" rapide et assez générateur de (fausse) honte. Je n'ai plus qu'à aller courir pour éliminer tout ça !
Réponse de Mélina Barrals le 13/11/2009 à 09h06
Bonjour Mélina,

Très bon article que je qualifierais de très complet comme d'habitude. Pour ma part je rejoints entièrement ton point de vu et tes conclusions et j'utilise mes ISO en conséquence pour exposer correctement quitte à avoir du bruit je préfère celui des ISO que celui lié à une sous exposition plus "rattrapage" en post-production. En ce qui concerne la pose longue pour répondre en partie aux interrogations; en fait sur Canon si on déclenche la fonction réduction du bruit lors d'une pose longue, ce traitement prend autant de temps que le cliché lui même car le boitier prend un second cliché sur un temps de pose aussi long mais sans ouvrir l'obturateur en fait il enregistre un "noir" sur lequel n'apparaîtra que le bruit lié à la pose longue. Ce bruit étant également présent sur le cliché de départ (le vrai) il n'a plus qu'à soustraire le bruit "trouvé" sur le second cliché à celui présent sur le premier. En résumé les pixels "non noirs" sur le second cliché n'est que du bruit. Le bruit des poses longues est plus lié à un échauffement du capteur dépendant justement de la longueur de la pose qu'à des ISO trop élevés surtout que je ne vois pas l'intérêt de monter en iso dans ces conditions de prise de vue. L'échauffement d'un capteur est générateur de bruit donc plus la densité d'un capteur est grande plus l'échauffement est important et donc le bruit.
A bientôt
Olivier BUHLER
Commentaire n°6 posté par Olivier BUHLER le 13/11/2009 à 10h47
Merci de ces précisions Olivier.

Le traitement que tu décris est exactement ce que je faisais à la main en remettant le bouchon de l'objectif puis en combinant les deux images dans des calques sous Gimp pour neutraliser les pixels chauds et réduire le bruit. C'était assez fastidieux de traiter chaque image comme ça.
Réponse de Mélina Barrals le 13/11/2009 à 10h58
Très bon exposé Dr Mélina House ;-)

C'est vrai que les "numéribruitophobes" (je vais garder ce mot) courent beaucoup sur les forums ...

Par contre, un jour je suis tombé sur un non numéribruittophobe qui avait trouvé l'idée géniale de gagner deux crans de sensibilité. Avec la venue (il y a quelques mois) des appareils pouvant monter plus haut en ISO (genre 12800), notre ami avait trouvé l'idée suivante:

Sous exposer de 2 EV le cliché et pousser de 2 EV dans le logiciel RAW ! (Comme il disait: On fait du RAW, tout est possible !)

Je ne sais pas si notre ami avait bien expérimenté son idée, mais ....

Amicalement,

jmk
Commentaire n°7 posté par jmk le 02/12/2009 à 09h01
Bonjour jmk, merci pour cette anecdote. Bien que je n'ai pas vu les résultats que le patient obtenait, je pense pouvoir m'aventurer à affirmer qu'il générait ainsi beaucoup plus de bruit que nécessaire... mais encore une fois, il faut faire des tests comparatifs pour déterminer quelle est la meilleure stratégie compte tenu de son matériel/logiciel.
Réponse de Mélina Barrals le 02/12/2009 à 22h36
Bonsoir. Article très intéressant.
Surexposer d'1 IL aide à récupérer des détails dans la photo.
Commentaire n°8 posté par elmer le 21/12/2009 à 18h27
Oui, c'est le principe de l'exposition à droite : caler autant que possible l'histogramme sur la droite à la limite de la surexposition pour exploiter la plage supérieure dans laquelle le capteur est le plus performant.

On se rend compte que malheureusement, dans la pratique beaucoup de gens font exactement l'inverse... et obtiennent les résultats similaires à ce que j'expose dans cet article : on les retrouve dans les forums en train de se lamenter sur leur nouveau boîtier qui doit avoir un problème, etc.
Réponse de Mélina Barrals le 21/12/2009 à 18h52
J'ai lu votre article avec la plus grande attention et j'ai un conseil à vous demander : j'aimerais m'initier à la photographie et je suis en train de réfléchir au réflex qu'il me faudrait.
J'aimerais un appareil qui ne bruite pas trop en situation de faible luminosité (photos prises en intérieur sous éclairage artificiel avec sujets en mouvements).
Mon budget maximum (objectif(s) compris) serait de 800 euros.
Avez-vous des suggestions à me faire ?
Je sais bien qu'il est difficile de répondre à ce genre de demande mais puisque je suis novice il me faut bien quelques conseils de départ.
Merci.
J'avais pensé au Pentax K-x car j'ai lu de très bons tests et avis sur cet appareil et qu'il me semble facile d'utilisation pour un débutant tel que moi.
Commentaire n°9 posté par Lifebloger le 22/01/2010 à 20h51
Bonsoir (désolée pour le délai de réponse).

Comme vous le dites il est difficile de donner des conseils surtout quand on n'est pas l'acheteur final mais aussi qu'on ne suit pas les dernières nouveautés, les tests des magazines comme c'est mon cas.

Le peu que j'ai lu sur le Pentax K-x semble en faire un bon boîtier de début pour un débutant. Quoi qu'il en soit, c'est surtout votre travail d'apprentissage des bases de la photo (notamment exposer juste) qui fera la différence et vous permettra de tirer parti ou non de votre matériel.

Bonne continuation.
Mélina.
Réponse de Mélina Barrals le 06/02/2010 à 21h35
Merci beaucoup pour votre réponse.
Commentaire n°10 posté par Lifebloger le 06/02/2010 à 21h45
The good thing about your information is that it is explicit enough for students to grasp. Thanks for your efforts in spreading academic knowledge.
Commentaire n°11 posté par business logo design le 12/02/2010 à 07h23
L'article est intéressant mais ce qui me dérange c'est la surcompression des photos, rendant toute observation du bruit impossible. C'est dommage.
Commentaire n°12 posté par dok le 09/07/2010 à 19h38

Ce que vous soulignez est (partiellement) vrai mais malheureusement indépendant de ma volonté : c'est l'hébergeur du blog et des images qui applique cette surcompression.

A l'origine toutes les images ont été générées avec un niveau de qualité élevé afin de minimiser cette perte due à l'hébergeur.

Ceci dit, on distingue tout de même une nette différence de bruit sur les images que j'ai incluses dans l'article et, surtout, le mieux est de reproduire l'expérience avec son propre matériel/logiciel pour juger des résultats par soi-même (pas forcément exactement les mêmes que les miens en fonction du matériel et/ou du logiciel employés).

Merci de votre commentaire.

Mélina

Réponse de Mélina Barrals le 18/07/2010 à 21h36
Très bien expliqué sans "prise de tête". Oui sur les forums certains ce désolent de leurs boitiers dernier cri qui bruite dés 200iso. Pour ma par et là je rejoint votre avis, j'utilise un Pentax K200D en iso auto de 100 à 1250 iso et bien les images à 1250 sont parfois moins bruitées que certaine à 200iso, ce qui nous ramène à vôtre conclusion : exposons juste.
Commentaire n°13 posté par Christoph le 11/07/2010 à 15h38
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