Texte & photos : Niel van Niekerk (version originale anglaise : "Dragging the
shutter")
Traduction : Melina Barrals
Traduction remise à jour le 19/09/2009 suite à une réécriture partielle de l'article original par Neil.
Lorsqu'on équilibre la lumière du flash avec la lumière ambiante, les réglages sont généralement choisis afin que l'ambiance de la scène soit retranscrite - ou au minimum pour que la lumière ambiante soit enregistrée dans l'image. Pour faire cela, il est souvent conseillé "d'abaisser la vitesse (synchro lente)". En choisissant une vitesse inférieure, on permet à une part plus grande de la lumière ambiante de s'incrire dans l'image finale.
C'est une technique très simple, mais comprendre quand et comment l'employer semble souvent difficile.
Alors revenons un peu en arrière et parlons de l'exposition de la lumière ambiante.
Nous avons trois paramètres pour contrôler notre exposition : vitesse, ouverture, et sensibilité ISO.
En ce qui concerne les flashes, nous devons considérer deux espèces totalement différentes : le flash manuel et le flash TTL. Nous allons les étudier séparément puisque leur comportement et la manière dont on contrôle leur exposition est fondamentalement différente.
Si on considère d'abord le flash manuel, nous disposons de 4 paramètres pour gérer son exposition : l'ouverture, la sensibilité ISO, la distance et la puissance. La distance est celle qui sépare votre source de lumière de votre sujet et cela devrait déjà intuitivement vous parler.
Plus vous rapprochez votre flash manuel (parfois dans une boîte à lumière) de votre sujet, plus la lumière devient intense et cela affecte votre exposition. De même, il est évident que si nous augmentons ou réduisons le réglage de puissance de notre flash, cela en affectera également l'exposition.
À présent, si nous comparons les paramètres qui affectent l'exposition de la lumière ambiante, et ceux qui affectent l'exposition du flash manuel, nous voyons qu'il y a deux paramètres communs : l'ouverture et la sensibilité ISO. Cela signifie que la vitesse d'obturation devient le seul paramètre indépendant disponible pour affecter l'exposition de la lumière ambiante. Donc quand nous équilibrons le flash manuel et la lumière ambiante, il est plus cohérent de commencer par régler la vitesse d'obturation puisque le fait de modifier l'ouverture ou la sensibilité ISO pour changer l'exposition de la lumière ambiante affectera également l'exposition du flash manuel.
C'est un concept crucial, ainsi dans une certaine mesure, la vitesse d'obturation n'a aucun effet sur l'exposition du flash. Contrôler la vitesse d'obturation va nous permettre de mieux mélanger le flash avec la lumière ambiante. La raison pour laquelle la vitesse d'obturation n'affecte pas l'exposition du flash tient au fait que l'exposition du flash est quasiment instantanée tandis que celle de la lumière ambiante est continue. Vous avez juste besoin que l'image (la pellicule ou le capteur numérique) soit intégralement découverte pour être éclairée par l'éclair envoyé par votre flash. Une explication plus poussée nécessiterait une description de la manière dont votre obturateur fonctionne, ce qui est l'objet d'un autre article, même si c'est intimement lié à la compréhension de la manière dont fonctionne le flash. Admettez pour l'instant que, dans une certaine limite, la vitesse d'obturation n'a aucun effet sur l'exposition du flash.
Assez de mots, voyons comment cela se traduit avec quelques images.
Dans cette série, le modèle a été éclairé par du flash manuel, avec Manhattan en arrière-plan. La lumière qui éclaire l'arrière-plan est évidemment uniquement la lumière ambiante. Le flash n'a eu aucun effet sur l'exposition de l'arrière-plan.

[ 1/250s à f5.6 et 400 ISO ]
[ 1/160s à f5.6 et 400 ISO ]
[ 1/100s à f5.6 et 400 ISO ]
[ 1/60s à f5.6 et 400 ISO ]
[ 1/40s à f5.6 et 400 ISO ]
La seule chose qui a changé entre les images, c'est la vitesse d'obturation que j'ai modifiée par pas de 2/3 de stop à chaque fois. Comme vous pouvez le voir, l'exposition de notre modèle (seulement éclairé par le flash manuel) est demeurée régulière. Cependant, l'arrière-plan a changé de luminosité puisque une modification de la vitesse d'obturation affecte l'exposition de la lumière ambiante.
A un moment donné, en réduisant continuellement la vitesse d'obturation, nous atteindrons un stade auquel la lumière ambiante s'enregistra pour notre sujet. Dans les images où nos réglages étaient tels que notre sujet était sous-exposé, nous pouvions effectivement utiliser le flash pour remonter l'exposition de notre sujet à un niveau correct.
D'autre part, "l'exposition correcte" pour notre arrière-plan est une affaire de goût. Cela devient une décision individuelle et une affaire préférences et, en l'occurence, il y a une grande marge de manœuvre en ce qui concerne "l'exposition correcte".
Cette technique consistant à utiliser une vitesse d'obturation plus lente pour permettre à la lumière ambiante de s'enregistrer de plus en plus est habituellement appelée "réduire la vitesse (synchro lente)". Avec elle, vous utiliserez le posemètre de votre appareil comme d'habitude mais, au lieu de l'utiliser pour exposer parfaitement juste pour la lumière ambiante, vous l'utiliserez comme un indicateur de la quantité de lumière ambiante que vous voulez enregistrer. Aux alentours de 1,5 à 2 stops de sous-exposition, vous aurez encore assez de détails dans l'arrière-plan, vous utiliserez votre flash comme source de lumière principale et emploierez sa lumière pour exposer correctement votre sujet.
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Le flash TTL est une espèce tout à fait différente du flash manuel. Avec le flash manuel vous aviez 4 paramètres pour contrôler l'exposition du flash : ouverture, sensibilité ISO, distance et puissance. Avec le flash TTL, cependant, aucun de ceux-là n'a d'influence (en restant raisonnable) sur l'exposition du flash. Votre appareil et votre flash vont suivre votre combinaison de réglages de sensibilité et d'ouverture (et de variation de distance), et vous donner ce qu'ils estiment être l'exposition correcte en ajustant la sortie (c'est-à-dire la puissance) de votre flash.
Cela implique que nous pouvons désormais utiliser l'ouverture et la sensibilité ISO et la vitesse d'obturation (ces trois paramètres) pour contrôler l'exposition de la lumière ambiante. (Bien sûr, il faut rester cohérent dans les réglages. Vous ne pouvez seulement tirer qu'une quantité donnée de lumière de votre flash).
Avec le flash manuel, si vous aviez décidé d'ajuster l'exposition de votre flash en changeant l'un de vos réglages (ouverture / ISO / distance / puissance), vous auriez dû jongler avec un autre paramètre pour le compenser et conserver une exposition correcte. En d'autres termes, si vous étiez à f/5,6 et que vous désiriez du f/2,8 pour obtenir une profondeur de champ plus réduite, vous auriez eu à changer un ou plusieurs des autres réglages en conséquence pour maintenir une exposition correcte pour le flash manuel. Mais si vous aviez touché à l'ouverture, cela aurait aussi affecté l'exposition de la lumière ambiante, et vous auriez eu à ajuster la vitesse d'obturation ou la sensibilité ISO en conséquence.
Ainsi, avec le flash manuel, le fait de changer n'importe lequel des 4 réglages, aura un effet domino et vous aurez à ajuster encore autre chose. Cependant, avec le flash TTL, si vous décidiez de changer votre ouverture pour contrôler votre lumière ambiante, alors (au moins en théorie) l'exposition de votre flash TTL resterait la même... puisque votre appareil et le flash vous donneraient toujours (ce qu'ils estiment être) l'exposition correcte. Il en va de même pour la sensiblité ISO et la distance. Ces réglages deviennent effectivement transparents pour l'exposition du flash TTL.
Avec le flash manuel, la vitesse d'obturation était le seul réglage indépendant pour la lumière ambiante, et vous auriez à "abaisser la vitesse" pour permettre à plus de lumière ambiante de s'enregistrer. Avec le flash TTL, vous pourrez changer aussi bien votre sensibilité ISO que votre ouverture (et ne pas être juste limité par la seule possibilité d'utiliser la vitesse d'obturation comme contrôle) pour ajuster l'exposition de la lumière ambiante. Vous aurez à ajuster la correction d'exposition du flash pour contrôler l'exposition du flash TTL.
À présent avec le flash TTL, si vous voulez obtenir le même effet (enregistrer plus de lumière ambiante) vous ne vous limitez pas à une vitesse plus lente. Vous pouvez tout aussi bien changer votre ouverture ou votre sensibilité ISO pour enregistrer plus de lumière ambiante. Voici un exemple :
Réglages: 1/200s à f1.6 et 1600 ISO
Ici, j'ai permis à l'arrière-plan de s'enregistrer en choisissant une grande ouverture et une sensibilité ISO élevée... à l'opposé du choix traditionnel d'abaisser la vitesse d'obturation. Cette liberté vient de la capacité de l'exposition du flash TTL à suivre mes réglages et à s'adapter en conséquence pour me fournir l'exposition correcte (ou suffisamment proche de l'exposition correcte pour n'avoir plus qu'à utiliser juste la correction d'exposition du flash pour amener l'exposition là où je la veux).
Avec ces exemples, il devrait être clair qu'il y a une difference fondamentale dans la manière dont vous aborderez le défi toujours intéressant d'équilibrer le flash et la lumière ambiante.
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Après avoir lu cette page, veuillez également lire la page suivante qui traite également de cette technique : Abaisser la vitesse/synchro lente, un nouveau regard.
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J'ai vu quelques photographes donner des conseils tels que "travaille à 1/8s et f/5,6"... mais ce genre de conseil sur des réglages précis est source d'erreurs puisque chaque situation est différente.
La véritable vitesse d'obturation choisie dépendra des circonstances et de l'effet que vous voulez obtenir,
- et la quantité de lumière ambiante qui est disponible,
- si vous avez un trépied,
- ou si vous pouvez travaillez sans trembler à des vitesses d'obturation réduites,
- et de l'ouverture choisie,
- et si vous pouvez augmenter la sensiblité ISO pour enregistrer plus de lumière ambiante,
- et du mouvement éventuel de votre sujet (ou de ce que vous pouvez tolérer comme mouvement).
Il y a ici de nombreux facteurs interdépendants que vous évaluez en fonction du scénario. Mais au final, la photo où flash et lumière ambiante sont équilibrés en utilisant une vitesse d'obturation appropriée est tellement plus agréable à regarder qu'une photo où le flash domine complètement.
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Voici un exemple où je n'ai pas seulement réduit la vitesse d'obturationpour enregistrer plus de lumière ambiante mais délibérément pour ajouter une impression de mouvement en zoomant pendant l'exposition.
Réglages: Nikon D2H; Nikon 17-35mm f2.8
1/15s à f4 et 800 iso / mode manuel; mesure matricielle / flash TTL: correction d'exposition du flash à -1
La vitesse d'obturation, l'ouverture, et la sensibilité ISO ont été spécifiquement choisies afin que la scène de rue s'enregistre dans l'image. J'ai eu la chance que le couple se tienne dans une zone plus sombre et soit, de ce fait, principalement éclairé par le flash. Quand j'ai appuyé sur le déclencheur, j'ai également zoomé, obtenant ainsi ces traits de lumière convergeant vers le couple.
Comme ils ne remplissaient pas complètement le cadre, je ne pouvais me reposer sur la mesure d'exposition TTL du flash pour me donner l'exposition correcte donc j'ai réduit le réglage de la correction d'exposition.
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Globalement, il y a deux scénarios principaux (avec toutes les combinaisons intermédiaires):
Dans le premier scénario, l'arrière-plan est plus éclairé que le sujet, et vous réglez votre exposition pour obtenir une exposition à peu près correcte pour l'arrière-plan. Comme votre sujet est moins éclairé que l'arrière-plan, il sera toujours sous-exposé. Alors vous utilisez le flash pour exposer correctement le sujet. C'est le scénario le plus simple.
Mais ce que vous rencontrez habituellement, ce sont des scènes faiblement éclairées où votre sujet et l'arrière-plan reçoivent à peu près la même quantité de lumière et nécessiteront la même exposition. Donc ce que vous ferez ici, c'est de sous-exposer intentionnellement la lumière ambiante d'environ 1,5 à 2 stops afin qu'elle s'enregistre mais ne domine pas. Comme votre sujet sera toujours sous-exposé, vous utiliserez alors votre flash pour l'exposer correctement.
Ainsi, en ajoutant le flash, vous ne sur-exposerez pas votre sujet puisque vous aurez abaissé l'exposition de la lumière ambiante. Vous rencontrerez un grand nombre de situations d'éclairages différents, mais ces deux-là couvrent les bases.
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On me demande souvent pourquoi les images exposées ici, et qui ont été prises à des vitesses d'obturation faibles, sont toujours nettes.
La raison pour laquelle vous ne voyez pas (tant que ça) de flou de bougé dans ces images, c'est que je prends garde à maintenir mon appareil fermement, mais c'est une question d'entraînement.
L'image du pianiste (et l'autre image dans la page suivante) contiennent probablement une certaine quantité de flou de bougé, MAIS cela se trouve dans des zones sans importance : l'arrière-plan, les lumières de la ville. De toute façon, elles sont légèrement hors de la zone de netteté en raison de la profondeur de champ réduite.
Le couple marchant devant les lumières de la ville se tenait dans "l'ombre", et le pianiste était dans "l'ombre". Sans le flash, ils seraient apparus comme des silhouettes. L'image du pianiste sans le flash le montre clairement.
De ce fait, le flash gèle tout mouvement de l'appareil puisque la lumière ambiante qui tombe sur mon sujet est très faible. Simplement, vous ne verrez pas de flou de bougé. Comme le flash est un éclair de lumière presque instantané, il gèle l'action ou le mouvement de l'appareil. Ainsi vous ne voyez aucun flou de bougé... bien qu'il y en ait probablement dans une certaine mesure dans l'arrière-plan.