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Techniques de mesure de l'exposition (flash)

 

Texte & photos : Niel van Niekerk (version originale anglaise : "Metering techniques")
Traduction : Melina Barrals

Je photographie presque exclusivement en mode d'exposition manuelle, et cela pour des raisons très précises :

- je veux contrôler l'exactitude de l'exposition

- je veux contrôler la régularité de l'exposition

- je veux contrôler la profondeur de champ

- je veux contrôler le mouvement de l'appareil / du sujet

Aucun des autres modes d'exposition ne m'offre ça.

Je passe de temps en temps en mode programme si j'ai besoin de promener mon appareil continuellement entre des zones fortement ombrées et fortement éclairées par le soleil. Mais c'est rare. La plupart du temps, JE veux contrôler ma mesure d'exposition pour avoir précision et régularité.

Il y a un effet secondaire à utiliser la mesure automatique que j'ai constaté chez les débutants en photographie - il y a une tendance à accuser l'appareil. C'est un subtil changement dans l'état d'esprit, mais il est présent. Au lieu d'assumer la responsabilité et apprendre une bonne technique, cela devient une quête à l'appareil qui fera tout tout seul.

Avec le mode d'exposition manuel, vous avez le contrôle. Donc, s'il y a un problème, vous êtes la personne qui doit trouver pourquoi, et comment le résoudre. Vous décidez. Pas l'appareil.

OK... donc je sais ce que sera votre prochaine question : pourquoi le fait de régler le diaphragme et la vitesse d'obturation serait différent d'utiliser, disons, la priorité à l'ouverture et laisser l'appareil sélectionner la vitesse d'obturation ?

Et bien les raisons sont que :

- le posemètre de votre appareil dépend de la réflectivité du sujet et suppose qu'il voit des gris moyens. Même en mesure matricielle/évaluative, votre appareil ne peut que deviner ce que vous êtes en train d'essayer de faire.

- si vous utilisez le mode programme ou le mode priorité à l'ouverture pendant que vous utilisez le flash TTL comme source de lumière principale, votre appareil va faire varier la vitesse d'obturation d'un déclenchement à l'autre et la lumière ambiante capturée va varier à cause de ça.

Vous devez comprendre les limitations de la mesure automatique, que ce soit avec l'appareil ou le flash TTL - et que les tons foncés ou clairs dans la même image vont influencer votre posemètre. Et vous ne le voulez probablement pas. Vous voulez qu'un ton clair apparaisse clair sur la photo finale. Vous voulez qu'un ton foncé apparaisse foncé. Si vous avez un mélange équilibré de tonalités, alors vous obtiendrez peut-être une mesure d'exposition correcte dans l'un des modes automatiques.

Il y a également des raisons précises qui font que je n'utilise par la correction d'exposition générale. MAIS... j'utilise la correction d'exposition du flash tout le temps puisque j'utilise le flash en TTL en dehors d'un studio. Parce que la réflectivité et la tonalité de la scène que le posemètre de mon appareil mesure change en permanence, je dois ajuster la compensation d'exposition de mon flash TTL en permanence.

Alors comment je mesure ?

Au temps de la photo argentique, j'utilisais un flashmètre pour le flash. Pour la lumière ambiante, j'utilisais principalement le posemètre de mon appareil avec précaution.

En numérique, j'utilise encore largement cette façon de mesurer l'exposition. Mais nous avons bien plus d'outils à notre disposition en numérique.

Ainsi, c'est devenu pour moi un processus itératif :

- vérifier le posemètre de mon appareil

- vérifier l'histogramme

- et les hautes lumières clignotantes

- vérifier l'image sur l'écran LCD (bien que ce ne soit pas un moyen précis de vérifier l'exposition)

- expérimenter

Il n'y a pas de recette figée pour aborder la mesure d'exposition pour tous les types de situations. C'est un savant mélange de différentes techniques - toutes utilisées pour être sûr d'obtenir l'exposition optimale pour mes images.

Lumière ambiante, sans flash

La raison pour laquelle je recommande fortement de photographier en mode manuel 99% du temps, c'est que, pour un scénario extérieur précis, normalement la lumière ne varie pas beaucoup. Et en déterminant la bonne exposition, vos photos auront un aspect régulier dans toute la séquence,

- quelle que soit la composition,

- indépendamment de l'intensité du zoom que vous utilisez,

- quelle que soit la réflectivité de la matière de votre sujet (ex : beaucoup de tons clairs), et

- que vous ayez du ciel clair dans le champ ou pas selon que vous cadrez large ou serré.

Si, sous la même lumière régulière et dans le même environnement, vous photographiez en vertical ou en horizontal, cadré large ou serré, en plongée ou en contre-plongée... vos expositions varieront sauf si vous êtes en mode manuel. C'est la SEULE façon de faire si vous voulez des expositions régulières.

Avec cette régularité dans l'exposition, votre flux de travail numérique en sera grandement facilité. Et encore plus si vous utilisez le format RAW.

Maintenant, ça c'est pour la lumière ambiante mais avec le flash cela devient un petit peu plus compliqué.

Flash en mode manuel

Si vos flashes sont disposés sur des positions constantes par rapport à votre sujet, comme dans une disposition en studio, alors la manière idéale est de photographier avec les flashes en mode manuel. Utiliser un flashmètre dans ce type de situation est habituellement la méthode la plus facile de déterminer l'exposition. Cela fixera votre exposition pour le diaphragme et la sensibilité ISO choisis.

Si vous utilisez un flash monté sur l'appareil et que vous le laissez à une position statique par rapport à votre sujet, alors il sera probablement plus facile d'utiliser le flash en mode manuel. Cela conservera, une fois de plus, la régularité de vos expositions au sein d'une série de photos. Avec le numérique, vous pouvez faire une petite série d'essais et contrôler pour vérifier si l'exposition est correcte avec le flash en manuel. Pour une photographie isolée, il sera plus simple de photographier avec le flash en mode TTL de toute façon.

Flash en TTL ou mode automatique

Mais, dès que vous avez monté le flash sur l'appareil et que vous bougez par rapport à votre sujet, alors vous obtiendrez de meilleurs résultats avec la mesure d'exposition automatique de votre flash. Cela signifie, utiliser le flash en mode automatique ou en mode TTL. Dans ce cas, cela rendra vraiment votre vie de photographe numérique plus simple, de ne pas photographier avec le flash en mode manuel.

Mais là, nous nous retrouvons soudainement confrontés au fait que l'intensité du flash envoyé est influencée par la réflectivité/tonalité du sujet et de la scène. Souvenez-vous, le posemètre de votre appareil essaiera d'exposer toute scène dans le viseur comme un ton moyen. Jamais clair, ni foncé. Cela est également vrai pour le flash en mode automatique. Cela signifie que vous AUREZ à régler la correction d'exposition de votre flash pour obtenir des résultats optimaux lors de la photographie au flash... si votre flash est la principale source de lumière.

Si votre flash est uniquement un flash d'appoint (fill-flash) pendant la journée, alors la meilleure utilisation du flash sera en tant que légère touche de lumière d'appoint. Et dans ce cas, les meilleurs résultats sont généralement obtenus avec une correction d'exposition réglée fortement à la baisse. Et de ce fait, la réflectivité du sujet devrait avoir moins d'impact sur l'exposition, puisque votre exposition aura été réglée principalement pour la lumière ambiante.

Quand je photographie de cette manière en extérieur, je descends généralement mes flashes Canon de -2 à -3 stops. Mais pour les flashes Nikon, j'ai plutôt tendance à moins corriger - généralement aux alentours de -1,3 ou -1,7 ... parce que dans ce cas j'utilise les flashes Nikon en mode TTL BL qui équilibre automatiquement le flash et la lumière ambiante.

Mais cela dépend aussi de la quantité de flash d'appoint dont nous avons besoin. Si nous photographions une personne dans l'ombre, et que nous avons besoin de remonter l'exposition pour égaler l'arrière plan éclairé par le soleil, alors nous aurons besoin d'envoyer beaucoup plus de lumière avec le flash. Et de ce fait, la correction d'exposition du flash sera vraisemblablement plus près de zéro.

Il n'y a pas de réponses faciles. Quiconque vous dit qu'il existe un réglage à-tout-faire-par-magie est en train de vous mentir.

Etre prêt, c'est déjà la moitié du chemin de fait...

Il est important que vous commenciez à anticiper les événements... par exemple, si vous photographiez à l'intérieur où votre flash est l'éclairage dominant, vous serez probablement aux alentours d'une sensibilité de 800 ISO, et vous utiliserez une vitesse d'obturation lente pour avoir plus de lumière ambiante aux alentours de, disons, 1/40s, mais cela dépend vraiment de la situation. Vous utiliserez également des grandes ouvertures de diaphragme.

Par exemple, mon flash Nikon SB-800 sera réglé en TTL (et non pas TTL BL) et sera probablement réglé sur une correction d'exposition de +0,3... puisque c'est la lumière dominante dans cette situation.

Avec Canon, cela varie. Avec mes boîtiers 1D mk2, j'utilise habituellement une correction d'exposition du flash de +0,7 comme point de départ (j'ai entendu parler d'utilisateurs de 20D faisant pareil). Avec mes boîtiers 1D mk2N par contre, j'ai trouvé qu'une valeur de départ de 0 en correction d'exposition au flash est meilleure (des utilisateurs de 5D m'ont dit qu'ils faisaient pareil). De même, avec les boîtiers 1D mk2(N) j'ai réglé la fonction personnalisée Fn14 sur "Moyenne". J'ai remarqué que lorsque le flash est ma source principale de lumière, utiliser "Moyenne" me donne des résultats plus prévisibles. Mais quand je dois utiliser le flash Canon en lumière d'appoint, alors j'obtiens des résultats plus subtils avec le mode de mesure du flash réglé sur "Evaluative".

Lorsque je passe d'un intérieur faiblement éclairé à un extérieur fortement éclairé, je fais trois choses d'entrée de jeu lorsque je sors :

- je redescends à la plus basse sensibilité ISO

- je remonte à la vitesse de synchronisation maximale au flash

- et je règle l'ouverture du diaphragme sur une valeur appropriée.

Et il y a une raison précise pour laquelle je remonte à la vitesse maximale de synchronisation au flash.  C'est une petite astuce afin d'obtenir le maximum de votre flash. C'est plutôt utile lorsque vous avez besoin d'éclairer un sujet qui est dans l'ombre, devant un arrière-plan fortement éclairé, par exemple.

Si vous photographiez à l'intérieur à f2,8 et f4, alors vous aurez besoin d'ouvertures plus petites à l'extérieur. A 100 ISO et 1/250s on obtiendra aux alentours de f11 à l'extérieur... alors réglez sur f11 et prenez une ou deux photos de test d'un plan général puis vérifiez rapidement l'histogramme et les hautes lumières clignotantes, puis ajustez plus finement l'exposition. Tout ça en quelques secondes... et vous êtes prêts.

Les jours par temps couvert devraient nécessiter une ouverture différente du f11 des jours clairs, mais 100 ISO et 1/250s est toujours mon point de départ avec les réflex Canon. Si le temps est très couvert, je monterai à 200 ISO mais je garderai presque tout le temps la vitesse de synchronisation au flash la plus élevée.

Avec les réflex Nikon, mon point de départ est aux alentours de 1/250s à f10 et 100 ISO. C'est parce qu'il y a une différence de sensibilité entre les capteurs des différents fabricants.

Ainsi, lorsque je viens de l'intérieur, au moment où je passe le seuil, mes réglages sont très proches de ce dont j'ai besoin. Pas de tâtonnement sur les réglages, je suis prêt... parce que j'ai anticipé mes besoins.

.A suivre - Correction d'exposition du flash …

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